
C'était dimanche après-midi, qu'est-ce qu'il y a au ciné? le film sur Justin Bieber... non on s'en passera, le CGR de Narbonne ne laisse pas toujours beaucoup de choix et puis au milieu de la liste : les femmes du sixième étage que j'avais déjà entraperçu dans le programme du Diago. Maman ça te dit? Oui j'aime beaucoup Luccini, moi aussi, Manon aussi, allez hop. Et bien nous avons fort bien fait! C'est la petite comédie qui passe bien, qui se regarde gentiment au fond du fauteuil avec les mamies de sortie qui font des commentaires à tout bout de champ derrière nous ^^.
Nous suivons donc la petite aventure de M. Jourdain. Je ne saurais dire si le choix de ce nom tend à nous faire penser au célèbre bourgeois gentilhomme version moderne (et non pas contemporaine puisqu'années gaullistes), mais en tous cas le détail m'a traversé directement l'esprit. Sauf que cette fois, le bourgeois est bien + ouvert à la classe en dessous !
Allez je vous situe un peu, M. Jourdain et sa femme mènent une coquette vie dans un immeuble haussmanien donc à Paris, lui travaille dans la bourse (pour faire court), elle a une vie mondaine bien remplie et ne s'entend plus avec leur bonne, là depuis très longtemps de la famille, aigrie depuis que la mère du protagoniste est décédée. Ils en viennent à la renvoyer et Madame Jourdain (Sandrine Kiberlain) doit alors trouver une nouvelle bonne. "Les bretonnes c'est révolu, maintenant c'est les espagnoles" lui conseillent ses copines. Elle part donc à une église dans Paris ou elle pourrait choisir l'espagnole qu'elle voudrait à son service.
Parallèlement, dans le même immeuble, au dit sixième étage vivent 5-6 espagnoles qui s'occupent des ménages dans les appartements au-dessous d'elles. L'une d'elle, Conception, (ah oui les prénoms ne laissent aucun doute sur leur nationalité) reçoit sa nièce Maria tout droit venue d'Espagne pour travailler en France. Et évidemment ils nous ont choisi une fille vraiment trop belle pour jouer Maria, et comme le hasard fait bien les choses, au lendemain de son arrivée, à l'église, madame Jourdain la voit et la choisit d'un simple regard. Allez comprendre... je pensais qu'elle serait recommandée par sa tante ou quelque chose dans cet esprit là, et pensant aussi que vu la beauté de la fille elle aurait un peu peur de la fidélité de son mari et pris une un peu moins mignone mais non ! Je dois être trop paranno ^^.
Bref première journée harassante de boulot, la nouvelle bonne fait appel à ses copines pour l'aider à remettre l'appartement en ordre puisque rien n'a été fait depuis que l'autre bonne a été renvoyée ou plutôt non a démissionné (nuance)! "Chérie je n'ai plus aucune chemise - eh bien mets un pullover". En rentrant, la maîtresse de maison trouve l'appartement nickel et adopte en un rien de temps sa nouvelle bonne qu'elle appelle "ma petite Maria". Je pense aux profs de littérature au lycée qui pourraient dire que l'adjectif "petite" montrerait la supériorité de la patronne sur l'employée ainsi que ce ton de familier tandis que l'autre doit tenir des expressions précises poliment et sans trop s'étendre. "aurevoir Monsieur - Non il vous faut dire A ce soir Monsieur - si vous voulez - non ce n'est pas que je le veuille ce sont les choses qui se font" (oui je retranscris à peu de choses près!).
Pour tout ce qui bienséance dans le cadre de leur classe supérieure, on sent bien que ce ne sont que traditions, Jourdain lui-même ne semble pas tellement en convenir. ET c'est ainsi que petit à petit le patron à l'apparence un peu rigide au premier abord, même si c'est difficile à concevoir avec la tête de Luccini qui n'est tellement pas sérieuse, va retomber dans une certaine simplicité, à l'égard de sa femme, de sa bonne et ses amies du sixième étage en venant à leur service à trois reprises. Sa femme est stupéfaite, lui qui d'habitude ne pense jamais aux autres, et pourtant il arrive à décrire la journée de cette dernière précisément alors qu'ils n'étaient pas ensemble. On sent bien qu'il nous cache des choses. Ce personnage m'a beaucoup plu.
Le film est bien fait, court, le temps passe agréablement grâce à beaucoup de touches d'humour et l'évolution du caractère du personnage qui a des répercussions sur sa relation avec sa femme. Et c'est automatiquement lié à ce qui n'est pas dit mais amplement suggéré dans différentes scènes, l'amour grandissant du patron pour sa bonne. Selon moi un classique et pour le coup je suis bien déçue.
Je vous laisse découvrir la fin par vous-même mais c'est ce qui m'a un peu déçue, trop facile, je m'attendais plutôt à ce qu'il recommence une vie simple avec sa femme, dans une atmosphère plus détendue et bénéfique à tous les deux après leur dispute et leur "break". Réapprendre à vivre aux côtés des espagnoles si simples, pleine de vie et libres dans leur condition pourtant inférieure. Mais il n'en est pas ainsi, et ce n'est qu'une opinion personnelle mais je trouve ça dommage. C'est le petit défaut du film, le cliché, même dans la personnalité des espagnoles, même si évidemment elles sont encore dans leurs traditions avec leur volonté un jour de retourner au village, bien qu'elles apprécient tout de même leur vie parisienne (leur travail exclu). Je pense que le réalisateur a trop mis l'accent sur la culture plutôt que sur leur mentalité différente de celle des français, ce qui m'a donné cette impression de surfait. Comme si Jourdain se trouvait une passion pour le chorizo et la paella alors que ce n'est pas tellement le sujet, si? Après tout le film est peut-être un cri d'amour à l'Espagne et je ne l'ai pas saisi. Je ne sais pas...
Pour faire bref, à part ces quelques détails trop faciles ou déjà-vu, la trame se suit bien, Luccini est parfait et ne manque pas de nous faire rire, Sandrine Kiberlain joue très justement aussi, et les espagnoles nous sont très attendrissantes. Le choix des acteurs est judicieux, leur visage est sans gravité et je les trouve assez sympas comme bourgeois, assez humains à la différence d'autres films ou ils semblent vraiment froids et orgueilleux. A part la réplique : "je dois vous dire ma petite Maria, je vous trouve très propre!". Pour finir je n'ai pas réellement vu de parti-pris artistique, le tout est filmé très simplement, nous ne sommes pas dans de l'esthétique.
Et un petit film comme ça, c'est comme une bonne digestion, on l'apprécie. (Okay comparaison bidon).
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